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Marché aux bestiaux de ZINDER (La crise alimentaire vue de ZINDER)
Ce sont surtout les bovins qui ont été touchés par la rareté des patûrages . Certaines vaches sont tellement épuisées qu’elles sont incapables de se lever. Elles sont alors égorgées sur place. Il s’agit de quelque chose de tout-à-fait exceptionnel car il existe à Zinder un abbatoir dans lequel il est obligatoire de conduire les animaux avant de les égorger sous contrôle vétérinaire.
Bêtes égorgées dés leur arrivée au marché. On espère pouvoir encore les vendre ainsi.
Elles sont ensuite chargées sur des camions qui les transportent au Nigéria voisin. On peut imaginer la qualité de la viande. Ce jour là la température (quoique plutôt clémente) avoisinait les 35 degrés.
D’autres bêtes ne trouvent pas preneurs et sont jetées un peu à l’écart.
Quand nous pénétrons dans le périmètre du marché nous découvrons de nombreuse bêtes efflanquées, titubantes.
Malgré tout les prix remontent légèrement, à cause de la rareté du bétail et parce que l'herbe commence à pousser.
Ainsi les jeunes animaux que l’on voit au centre de la photo précédente sont proposés au prix de 70 euros, sachant que le salaire d’un instituteur est de 95 euros par mois, on peut se rendre compte encore une fois de la cherté de tout ce qui touche à l’alimentation.
Pour compléter ce tableau plutôt sombre et pour comprendre pourquoi les troupeaux sont si maigres, ces petites bottes de foin sont proposées à la vente aux alentours d’un euro pièce. Une de nos bonnes vaches limousines n’en ferait pourtant qu’une bouchée. En temps ordinaire le même type de fourrage est vendu autour de 5 centimes d’euro.
Enfin, chacun ici espère que demain sera meilleur qu’aujourd’hui. La pluie se fait assez régulière, d’abord limitée à quelques averses de courte durée, pour la première fois, cette nuit, elle a été abondante apportant avec elle un peu d’espoir…
Pierre & Angèle
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